samedi 25 juin 2011

L’étanchéité Air/Eau/Vent

Les menuiseries extérieures sont classées selon leur performance
AEV :

A* – Caractérisation de la perméabilité à l’air (débit d’air traversant
la menuiserie selon la différence de pression entre l’intérieur
et l’extérieur)

E* – Caractérisation de l’étanchéité à la pluie battante
V* – Caractérisation de la résistance au vent (rigidité et tenue aux
sollicitations dynamiques du vent)

Types de vitrages


Il existe aussi des doubles vitrages anti-effraction présentant les
mêmes caractéristiques d’isolation mais évitant l’usage de volets
ou de grilles extérieures de protection (existe uniquement en
châssis fixe.) Ce vitrage 44.2/8/4 se brise plus difficilement que
les vitrages standards.

Choix des fenêtres

Valeurs d’isolation recommandées :

• menuiseries avec label Acotherm, avec étiquetage "Th 8" ou
"Th 9" ;

• coefficient Uw de valeur inférieure ou égale à 1,6.

Attention

Les menuiseries aluminium sont souvent en dessous de ces
coefficients d’isolation (Uw entre 3 et 5 pour ce type de
menuiseries).

Unités de mesure utilisées

Uw : isolation de la fenêtre complète (vitrage + ouvrant +
dormant)

Ug (autrefois K) : coefficient d’isolation du vitrage seul.

Le coefficient d’isolation Ug diminue à mesure que l’isolation
thermique des fenêtres augmente.

Émissivité

Les vitrages absorbent plus ou moins l’énergie qu’ils reçoivent et
en restituent une partie ; cela est d’autant moins prononcé que
l’émissivité est faible.

L’émissivité dépend :

• du type de matériau ;
• de la température ;
• de l’état de surface (lisse, rugueux, réfléchissant…) ;
• de l’angle de mesure (pas de problème entre 45° et 50°) ;
• de la longueur d’onde (différente entre SW et LW).

(Il existe des tables définissant tous ces paramètres.)

Le double vitrage anti-émissivité comporte en face intérieure un
revêtement spécial piégeant les rayonnements infrarouges à
l’intérieur de la pièce.

Un double vitrage peu émissif sera donc plus isolant tant en
thermies entrantes que sortantes !

En savoir plus

Les VIR (Vitrages à isolation renforcée) sont installés depuis
au moins 20 ans dans de nombreux pays, mais ils sont
encore très peu utilisés en France ; pourtant leur surcoût est
amorti en deux ans environ.

Plus performants que les double vitrages classiques (trois
fois moins de déperditions) ils sont constitués :

– d’une couche métallique ultra fine déposée sur la vitre
intérieure qui renvoie la quasi totalité du rayonnement
basse température (infrarouge) émis par l’intérieur du
local chauffé et renforce l’effet de serre créé par la vitre.

– d’un gaz lourd (argon ou krypton) dans l’espace entre les
deux vitres (un double vitrage classique contient généralement
de l’air sec). Par son inertie, ce gaz freine les
mouvements de thermo-convection et limite les
déperditions.

Les dépôts peu émissifs sont réalisés selon deux procédés :

– à couche dure (ou pyrolytique)
– à couche tendre (ou magnétron)

Importance de l’orientation

Une baie vitrée de 2,15 × 2,40 m haut de gamme placée au sud
peut économiser 1 000 kWh de chauffage par rapport à une baie
ordinaire de même taille placée au nord.
Il est intéressant de comparer :
• l’énergie calorifique apportée selon le type de vitrage ;
• les déperditions thermiques de ces vitrages ;
• la variation de ces paramètres selon l’orientation.



Cet autre tableau plus précis compare le bilan annuel d’un mètre
carré de vitrage en fonction de l’orientation.



Valeurs en kWh mesurées avec des fenêtres équipées de menuiseries en bois (RCL=0,7) en Ilede-
France. Les masques sont supposés nuls (source : Guide du CLER 12/99).

Quelques réflexions

Les vitrages et menuiseries extérieures sont de 3 à 7 fois moins
isolantes thermiquement qu’un mur plein ! (un mur de parpaings
de 20 cm recouvert de 10 cm de polystyrène a une conductivité
de 0,33, et 1 m2 d’un excellent double vitrage a la même
déperdition que 4 m2 de mur isolé.) C’est-à-dire que si vous avez
de grandes baies vitrées qui couvrent les 3/4 de votre façade, ce
n’est plus la peine d’isoler vos murs !

Si on supprime les grandes fenêtres, quand le ciel est couvert,
cela oblige à éclairer artificiellement !

Pour les fenêtres et portes-fenêtres ouvrant à la française, le PVC
et le bois ont un bon rapport performance/prix (la production et
le recyclage du PVC posant tout de même un problème écolo

gique). Les menuiseries bois avec parement aluminium peuvent
être une solution.

Une maison avec une baie vitrée orientée sud permettra une
économie de chauffage de plus de 30 % par rapport à une
maison conçue sans souci d’orientation. Le surcoût d’achat par
rapport à une porte-fenêtre est vite amorti.

Les vitrages risquent d’entraîner des surchauffes l’été : le soleil
chauffe le carrelage ou le marbre, la terrasse réfléchit les rayons
infrarouges vers le plafond et votre intérieur devient un four. La
nuit, la chaleur accumulée est restituée dans la maison et il fait
chaud partout.

Attention aux réglementations (au niveau du lotissement, du POS
ou des Bâtiments de France si vous êtes à proximité d’un
monument historique). Le choix des matériaux pourra être limité.

Il n’y a donc pas de solution idéale. Stores roulants pour l’été,
verrières pour l’hiver, pas de terrasse sur la façade sud, surtout
dans les régions chaudes…